Protection Judiciaire de la Jeunesse

"Tout se passe comme si le seul objectif de ces CEF était de parquer les enfants"

mercredi 13 Novembre 2013

 

Dans « Libération », Jean-Marie Delarue alerte les pouvoirs publics sur la situation dans deux centres, alors qu’un rapport officiel, que nous avons pu consulter, souligne les disparités entre les CEF.

 

Ce mercredi dans Libération, le contrôleur des prisons Jean-Marie Delarue lance un cri d’alarme sur la situation des enfants délinquants et notamment ceux placés dans deux centres éducatifs fermés (CEF). Les centres de Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et de Pionsat (Puy-de-Dôme), violent les « droits fondamentaux des enfants qui y sont privées de liberté, affirme Jean-Marie Delarue. Tout se passe comme si le seul objectif de ces CEF était de les parquer ». Jusqu’ici, le contrôleur n’avait usé de cette procédure d’urgence auprès des pouvoirs publics qu’à deux reprises : à propos de la surpopulation et du délabrement des prisons de Nouméa et des Baumettes à Marseille.

 

Libération a également pu consulter le rapport du ministère de la Justice sur les Centres éducatifs fermés. Remis à Christiane Taubira il y a près d’un an, il n’a toujours pas été rendu public tant le sujet de la délinquance des mineurs est sensible. Pour les auteurs de ce rapport, les CEF, créés par la droite en 2002 et poursuivis par la gauche, sont devenus « incontournables »et ont fait la preuve « d’une utilité globalement reconnue ». Mais les enquêteurs pointent une disparité entre centres, certains souffrant « d’un contenu relatif à l’action pédagogique parfois faible voire inadapté », d’une « insuffisance dans le travail sur l’insertion des mineurs », une gestion aléatoire des incidents parfois violents. Enfin, leur multiplication pourrait mettre à mal la diversité des autres structures accueillant les mineurs délinquants. Après plusieurs mois d’atermoiements, le ministère de la Justice table sur 59 CEF d’ici la fin du quinquennat. Et non 80, comme le candidat Hollande l’avait annoncé lors de sa campagne.

 

Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, alerte sur le fonctionnement calamiteux de deux centres éducatifs fermés :

 

Jean-Marie Delarue est contrôleur général des lieux de privation de liberté. Ses services ont visité 42 centres éducatifs fermés (CEF) sur la cinquantaine existant en France. Fait extrêmement rare, il fait ce matin usage d’une procédure d’urgence pour alerter sur les « violations des droits fondamentaux » des mineurs placés dans deux CEF : celui de Pionsat (Puy-de-Dôme) et Hendaye (Pyrénées-Atlantiques). Il nous explique pourquoi. Qu’est-ce qui vous a semblé mériter une telle alarme ?

 

Cette procédure d’urgence, prévue par la loi, est réservée aux atteintes graves et urgentes des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Nous ne ...